quinta-feira, 24 de outubro de 2013

Pourquoi utiliser la méthodologie du projet dans l’éducation spirite de l’enfance et de la jeunesse ?

Irty Kaliny (*)
http://www.ipepe.com.br/indexp.html

Les études du Spiritisme pour les enfants et les adolescents reflètent généralement les diverses pratiques des écoles d’enseignement général. Ces pratiques sont fondées sur des conceptions de l’homme, du monde et de l’éducation qui leur donnent un sens en reflétant une époque historique et une société avec ses caractéristiques politiques, économiques, culturelles et sociales.
Il est important que les institutions spirites aient conscience des concepts guidant leur travail avec les enfants et les jeunes. Cela signifie qu’en choisissant une méthodologie pour l’étude spirite destinée à ce public, il faut être clair sur ce qui est implicite dans chaque pratique existante. Pour cela, il est essentiel de considérer les caractéristiques de l’objet de l’étude (la Doctrine Spirite), du groupe, des travailleurs de ce domaine, de l’institution et de la communauté dans laquelle elle est insérée.

Actuellement, les études réalisées dans plusieurs universités de par le monde indiquent la Méthodologie de Projets comme un outil méthodologique polyvalent, qux possible. Pour cela, la créativité et les différences individuelles des membres du groupe sont valorisées et considérées comme essentielles, car elles élargissent l’horizon des perceptions du problème à traiter, et multiplient les opportunités de solutions et de stratégies pour les atteindre.

 
Ainsi, les contenus ne sont pas étudiés parce que quelqu’un a dit qu’il le fallait, mais ils sont recherchés comme des instruments précieux pour la compréhension et li répond à différentes nécessités et réalités. Cette Méthodologie est basée sur des conceptions d’enseignement et d’apprentissage contemporaines, dans lesquelles toutes les personnes impliquées dans ce processus sont poussées à trouver, dans les connaissances produites par l’humanité, des solutions aux problèmes et aux vrais défis. Un projet didactique consiste en :

(...) une recherche ou une enquête, développée en profondeur sur un sujet ou un thème que l’on croit intéressant à connaître. (...) C’est un effort d’investigation, délibérément tourné à trouver des réponses convaincantes aux questions sur le sujet.
(ANTUNES, 2001, p. 15).

 Tout projet part d’un problème ou d’une situation de défi à résoudre le mieu’intervention dans le monde. Cette méthodologie contribue donc à ce que les sujets de l’apprentissage puissent faire une analyse critique du milieu où ils sont insérés, aiguisant la curiosité philosophique, puis, mobilisés vers une situation observée, chercher, avec autonomie et créativité, des façons d’intervenir dans la réalité, en vue de trouver une solution.

Dans le but d'éduquer pour la vie, la Méthodologie de Projets doit considérer les processus pédagogiques entraînant la responsabilité, le respect, l’égalité, l'auto-direction, l'autonomie, la proposition de solutions multiples, la pensée indépendante, enfin, la pratique de la démocratie dans les actions, les actes et les attitudes qui mènent à l'apprentissage.
(BEHRENS, 2008, p. 38).

La constance des activités en groupes, des débats, des socialisations, des expériences et des recherches réalisées sur diverses sources, favorise le développement de l’autonomie, de la pratique scientifique et du sens critique de toutes les personnes impliquées. Comme elles ont toutes l’objectif de produire quelque chose qui répond au problème initial, il y a un climat de collaboration et les cours deviennent, naturellement, plus dynamiques et plus agréables, augmentant aussi l’estime de soi de toutes les personnes concernées, à mesure que les étapes sont franchies. En outre, ces activités permettent la mise en pratique de ce que l’éducateur Paulo Freire a nommé l’“écoute aimante”, où chacun écoute avec attention les paroles des autres, ainsi que l’exercice du respect des différences individuelles, surtout en ce qui concerne la façon différente de penser. Le dialogue est utilisé constamment dans la médiation des conflits visant au bien commun et à l’autosuggestion.


Le travail basé sur la Méthodologie de Projets ouvre la possibilité d’explorer les contenus programmés dans des situations réelles ; ainsi, l’apprentissage prend plus de sens, de largeur et de profondeur, car il ne se produit pas en un seul cours, mais sur une période. Comme l’apprentissage se produit dans un contexte, par le vécu de situations similaires, l’enfant ou le jeune a plus d’occasions de parvenir à utiliser les connaissances acquises, en démontrant que les apprentissages ne sont pas restés de simples savoirs, mais restent présents dans son quotidien par ses attitudes et actions.


Comme les enfants et les jeunes partagent le pouvoir de décision sur quoi, pourquoi et comment étudier, ils développent généralement l’autonomie et démontrent un plus grand intérêt pour les cours et un engagement dans la réalisation des activités. Il en est de même des éducateurs dans leur relation avec la coordination et la direction du Centre lorsqu’ils cessent de recevoir les programmes des cours tout prêts et passent à les élaborer selon les nécessités et choix définis conjointement avec le groupe. Ainsi, l’éducateur développe lui aussi son autonomie et sa créativité.

Personne n’est autonome en premier pour décider ensuite. L’autonomie se constitue par l’exercice de plusieurs, d’innombrables décisions prises. (...) L’autonomie, comme mûrissement de l’être pour lui-même, est un processus, est le devenir. Il ne se produit pas à une date fixée. C’est dans ce sens qu’une pédagogie de l’autonomie doit être centrée sur des expériences stimulatrices de décision et de responsabilité, c’est-à-dire dans ses expériences respectueuses de la liberté.
(FREIRE, 1996, p. 120-121)

L’éducateur est constamment défié à élargir et approfondir ses études et ses compétences, car il ne s’agit pas de donner un cours sur un sujet qu’il domine, en déterminant ce qui doit être enseigné et en dirigeant les activités de telle ou telle façon. Il s’agit d’aider le groupe à atteindre un objectif choisi, en cherchant ensemble, dans les connaissances et les compétences (déjà acquises par le groupe ou construites au long du projet), les outils appropriés et la meilleure façon de les utiliser. Selon Paulo Freire, “(...) enseigner n’est pas transférer des connaissances, mais créer les possibilités pour leur propre production ou leur construction.” (1996, p. 52). Ainsi, l’éducateur peut se sentir libre d’admettre qu’il n’en sait pas assez sur quelque chose, car il ne se positionne pas dans la salle de classe comme celui qui sait et qui va transmettre sa connaissance comme s’il faisait une transfusion de savoir, mais comme celui qui est là pour rechercher, soutenir et guider les études.


En cherchant à résoudre un problème, peuvent surgir des situations qui extrapolent les capacités du groupe à résoudre par lui-même, ou qui pourraient avoir un résultat bien meilleur en unissant des forces avec d’autres groupes. Dans ce contexte, le travail sur des projets didactiques peut ouvrir un espace pour des interactions et des partenariats avec les parents, avec d’autres groupes, coordinations et institutions, y compris non spirites comme des ONG, églises, centres de santé, bibliothèques, écoles, corps de sapeurs pompiers, Conseil Tutélaire, entre autres.

Ces articulations entre différents agents et institutions, sont essentielles dans un processus de rénovation sociale, car selon Kardec,
(...) tous les obstacles au nouvel ordre de choses voulu par Dieu pour la transformation de la terre auront disparu ; la génération qui s'élève, imbue des idées nouvelles, sera dans toute sa force, et préparera la voie de celle qui inaugurera le triomphe définitif de l'union, de la paix et de la fraternité entre les hommes confondus dans une même croyance par la pratique de la loi évangélique. (KARDEC, Revue Spirite 1863).

Le développement de projets didactiques favorise l’exercice de cette union, paix et fraternité posées par Kardec, car il encourage toutes les personnes impliquées dans ce processus à se comporter de façon participative, collaborative et respectueuse.

La Méthodologie de Projets peut contribuer à l’amélioration du travail effectué dans les institutions spirites, car elle contribue à la formation d’hommes de bien. On lit, dans l’Évangile Selon le Spiritisme : Le véritable homme de bien est celui qui pratique la loi de justice, d'amour et de charité dans sa plus grande pureté. S'il interroge sa conscience sur ses propres actes, il se demande s'il n'a point violé cette loi; s'il n'a point fait de mal ; s'il a fait tout le bien qu'il a pu ; s'il a négligé volontairement une occasion d'être utile ; si nul n'a à se plaindre de lui ; enfin s'il a fait à autrui tout ce qu'il eût voulu qu'on fît pour lui. (...) Il est bon, humain et bienveillant pour tout le monde, sans acception de races ni de croyances, parce qu'il voit des frères dans tous les hommes. Il respecte en autrui toutes les convictions sincères, et ne jette point l'anathème à ceux qui ne pensent pas comme lui. (KARDEC, 2005)

Les conceptions et pratiques appliquées par la méthodologie des projets peuvent être un instrument permettant aux différents agents impliqués dans le processus d’enseignement-apprentissage de percevoir ce qui se passe autour d’eux. Le projet permet l’exercice de se mettre à la place de l’autre.

C’est un moyen alternatif permettant aux étudiants et éducateurs de devenir plus sensibles, en dépassant la sphère de la connaissance afin de mobiliser des savoirs et rassembler des personnes dans la recherche de solutions aux problèmes individuels et collectifs.
(*) Irty Kaliny est pédagogue, membre du Secteur d’Éducation de l’Institut d’Échange de la Pensée Spirite de Pernambuco – IPEPE.

RÉFÉRENCES :
ANTUNES, Celso.
Une méthode pour l’enseignement fondamental : Le projet. Petrópolis, RJ: Vozes, 2003. 4° éd. Dans la salle de Classe, Fascicule 7.
BEHRENS, Marilda Aparecida.
Paradigme de la complexi

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