terça-feira, 7 de maio de 2013

Une poignée de boue

 Une poignée de boue


Richard aimait jouer avec son ami Pierre. Ils étaient voisins et avaient presque le même âge. Ils franchissaient la barrière qui séparait leurs maisons et ils jouaient ensemble, parfois chez l’un, parfois chez l’autre.  
De temps en temps, comme il est naturel chez les enfants, ils se disputaient et restaient des jours sans se parler. Mais ils n’étaient contents que quand ils étaient ensemble.  

Un jour, ils eurent une grosse dispute et Pierre dit quelques gros mots à Richard. 

— Sale gueule ! — s’écria l’autre. 
Ensuite, très en colère, et pas satisfait de sa réponse, Richard chercha par terre quelque chose à lancer sur Pierre, mais il ne trouva rien. 
Cependant, comme il avait plu la veille, il y avait encore de la boue dans la cour. Alors, Richard prit une poignée de boue et se préparait à la lancer sur son voisin. 
À ce moment, la mère de Richard, depuis la porte de la cuisine, vit ce qu’il allait faire, et courut dans la cour. 
— Mon fils, que fais-tu ? 
Le garçon regarda sa mère, puis ses mains et dit : 
— Ben, je voulais lancer de la boue sur Pierre!... Il m’a dit de très vilains noms, maman ! 
La mère s’approcha de son fils et lui dit : 
— Seras-tu plus heureux en lançant de la boue sur lui ? 
— Ben!... Au moins, il sera très sale!... 
Le garçon regarda sa mère, puis ses mains et dit : 
— Ben, je voulais lancer de la boue sur Pierre!... Il m’a dit de très vilains noms, maman ! 
La mère s’approcha de son fils et lui dit : 
— Seras-tu plus heureux en lançant de la boue sur lui ? 
— Ben!... Au moins, il sera très sale!... 
La mère regarda droit dans les yeux de son fils et lui demanda :
— Mon fils, saleté pour saleté, regarde tes mains!... Te rends-tu compte que c’est toi qui t’es sali le premier, Richard ?
Le garçon, surpris, regarda ses mains pleines de boue, et ne s’en rendit compte qu’à ce moment.
— Mais il m’a insulté, maman !
— Je sais mon fils, mais quand Pierre t’a adressé des gros mots, avant de t’atteindre, sa bouche est devenue toute sale. Puis, tu as riposté également !
Le garçon devint pensif et sa mère poursuivit : 
— Quand nous faisons du mal à quelqu’un, mon fils, nous faisons d’abord du mal à nous mêmes.
— C’est vrai. Mes mains sont sales et je n’ai pas encore lancé la boue sur Pierre. Donc, que dois-je faire maman ? 
La dame caressa la tête de son fils et lui dit : 
— Réfléchis. Quelle est la meilleure attitude à avoir ? 
Le garçon réfléchit, réfléchit puis sembla avoir trouvé la solution : Si en faisant du mal à quelqu’un je me fais d’abord mal à moi-même, donc, si je fais du bien, la réponse sera la même. Je serai le premier à en bénéficier!... 
Alors, Richard regarda ses mains et vit la boue qui durcissait. Il courut jusqu’au robinet du jardin et les lava soigneusement. Ensuite, il regarda à travers la barrière et vit que Pierre, de l’autre côté, les yeux grands ouverts, attendait sa réaction.  
Il se dirigea vers son voisin et le surprit en lui disant : 
— Pierre, ce n’est pas bien de se disputer, cela ne résoudra pas le problème. Au contraire, nous resterons seuls sans personne avec qui jouer.
L’autre, pris de honte de ce qu’il avait fait, rétorqua : 
— Je ne voulais pas t’insulter, Richard. Quand je m’en suis rendu compte, c’était déjà trop tard ! Je te présente mes excuses. 
Richard écouta son voisin et tempéra :
— Moi aussi, j’ai eu tort Pierre. Je t’ai traité de sale gueule et je voulais te salir avec de la boue. Heureusement que je ne l’ai pas fait ! Ma mère m’appris que quand nous souhaitons du mal à notre prochain, nous sommes les premiers atteints. 
Richard tendit la main à l’autre et dit :
— Amis ? 
— Amis !
Les deux, très contents, allèrent dire à la mère de Richard qu’ils s’étaient réconciliés. 
La dame sourit et les embrassa tous les deux. 
— Faire la paix est la meilleure chose. Gardez votre amitié et jamais vous ne le regretterez. 
Les garçons s’embrassèrent et promirent de ne plus jamais se disputer. 
Richard et Pierre grandirent, changèrent d’école, se rendirent à l’université, et n’oublièrent jamais cette leçon.
Et dans la vie, chaque fois qu’il y avait une mésentente avec quelqu’un, le problème était vite réglé par le dialogue, par la compréhension, la tolérance et la paix. 

MEIMEI 

(Message reçu par Célia Xavier de Camargo le 21/2/2011) 

<< retour