terça-feira, 9 de abril de 2013

Pour une pièce

Pour une pièce 
Célia Xavier Camargo

Fernando était un garçon au grand cœur, et sensible à la souffrance des autres.
Un jour, passant par une rue de la périphérie de la ville, il vit une maison très pauvre avec deux enfants maigres et pâles qui jouaient devant la porte.

Sous le coup d’une impulsion, il s’approcha et engagea la conversation avec les enfants. Il apprit qu’ils n’avaient pas de père et que leur mère était au travail afin d’assurer la subsistance de la famille. Ils lui dirent aussi qu’ils n’avaient pas encore mangé de la journée, et qu’ils ne mangeraient que lorsque leur mère rentrerait de son travail.
Attristé, Fernando souhaita les aider. Mais, comment ? Il n’avait pas de ressources non plus et son père travaillait beaucoup pour que rien ne leur manque à la maison.



Il eut une idée. Il avait beaucoup d’amis, et si tout seul il ne pouvait rien faire, ensemble ils pouvaient réussir beaucoup.
Il réunit ses amis et exposa son intention. Si chacun contribuait un peu, ils pourraient aider cette famille de manière considérable. Ils approuvèrent tous l’idée de Fernando. Puis, enthousiastes, ils décidèrent de demander la collaboration de leurs parents, amis et voisins, car en récoltant plus de moyens, ils pourraient étendre l’aide à d’autres familles nécessiteuses.


Et ainsi fut fait. Non seulement ils recevaient des denrées alimentaires, des habits, des chaussures, mais en plus, chacun donnait un peu de son temps, tenant compagnie aux enfants, participant à l’hygiène domestique et aidant aux devoirs de l’école.
Comme ils l’avaient prévu, peu à peu, le soutien s’étendit à d’autres familles, également nécessiteuses, résidant dans les environs.
Tous étaient heureux et optimistes.
Demandant de l’aide à l’un de ses camarades d’école qu’il savait très riche, Fernando fut énormément déçu, car le garçon lui répondit, indifférent :
— Je n’ai rien à donner.
— Comment ? Tu es le garçon le plus riche de l’école ! — Il était stupéfait.


Comme Fernando insistait, à contre cœur le garçon sortit une petite pièce de sa poche et lui donna en disant :


— Cette pièce est tout ce que je peux te donner.

Surpris, Fernando regarda la pièce et eut envie de ne pas l’accepter, vu sa valeur insignifiante. Cependant, il la prit, remercia et s’éloigna, indigné.

En rentrant à la maison, il raconta à sa mère ce qui s’était passé, et conclut en disant :



— J’ai eu envie de la refuser. C’est un affront aux pauvres. Elle ne vaut rien !
La mère le fixa et dit sereine :
— Ce ne serait pas bien mon fils. Tu dois apprendre que dans la vie chacun donne ce qu’il a. Et souvent, cela n’a aucun rapport avec ce que la personne croit avoir.

Surpris, Fernando demanda :
— Comment ça, maman ? Je ne comprends pas. Il est très riche !...
— Exactement. Mais il n’a pas encore appris à donner quelque chose qui vient de lui. C’est pour cela, mon fils, que cette pièce que tu méprises tant devient une occasion pour ton ami de le faire, et cela représente beaucoup pour lui. Tu comprends ?
— J’ai compris. Tu veux dire que le don est un apprentissage pour lequel nous devons nous exercer – répondit le garçon, admiratif des sages paroles de sa mère.
— C’est cela mon fils. L’égoïsme est une maladie dont nous nous libérons très lentement. Et ton ami est en train de faire ses premiers pas pour vaincre cette terrible plaie.
Fernando considéra la petite pièce qui brillait dans sa main avec un nouveau regard et remercia pour la leçon qu’il avait reçue.
Il mit la pièce dans un cadre et l’accrocha dans sa chambre, sur un endroit bien visible, pour ne plus jamais oublier la leçon.
Un an plus tard, son ami riche était complètement intégré et heureux dans le groupe, collaborant joyeusement… au grand étonnement de tous.  

Tante Célia


(Auteure : Célia Xavier de Camargo ; Traduction: Márcia Kempf)