terça-feira, 9 de abril de 2013

Le ver luisant

Le ver luisant
 Célia Xavier de Camargo

Habitant un joli coin dans une prairie, parmi les fleurs colorées, parfumées, les arbres fleuris et des amis, Vavá, le ver luisant, était toujours triste et mécontent.
Il se sentait petit et inutile. Il volait sur les roses, admirait leur beauté et leur parfum. Il était charmé par les papillons qui voletaient habillés avec élégance de leurs ailes multicolores. Ébahi, il écoutait le chant magique des oiseaux sur les branches des arbres et se sentait malheureux de ne pouvoir émettre une seule note. Au fond de lui, il était très jaloux des roses, des papillons, des oiseaux et de tous ceux qui étaient différents de lui.

Pourquoi Dieu l’a-t-il fait ainsi ? Il n’était pas beau comme les papillons, il n’était pas parfumé comme les roses et il ne savait pas chanter comme les oiseaux !
La seule chose qu’il possédait était cette gênante petite lanterne derrière son corps et que personne d’autre n’avait. Seulement lui !
Si cette lumière était aussi belle et éclatante que celle des étoiles que Vavá contemplait la nuit, ou comme les lampadaires qu’il voyait de temps en temps en ville, ce serait différent. Il en serait fier. Mais quoi ! Cette lumière faible et oscillante ne lui servait à rien !
Un jour, Madame Lapine se trouva fort soucieuse et inquiète de son rejeton. Le petit était malade et elle avait besoin d’une plante précise pour lui préparer un thé.
Elle demanda de l’aide à un papillon :
— Ami Papillon, aide-moi à trouver un médicament pour mon fils.
— Mais comment le chercher ? Il fait presque nuit et je ne vois rien !Mais le papillon lui répondit, dépliant ses ailes multicolores :
Madame Lapine le remercia, puis, très inquiète elle demanda de l’aide à une rose :
— S’il te plaît, mon amie la rose, aide-moi à trouver le médicament pour mon fils !
En secouant sa jolie tête de pétales douces, la rose répondit, délicatement :
— J’aimerais beaucoup t’aider, mais malheureusement, je ne peux pas marcher et, même si je le pouvais, il fait nuit et ce serait impossible !
Madame Lapine la remercia et, en voyant un oiseau, lui demanda :
— Toi qui voles partout, pourrais-tu m’aider à chercher une plante que j’ai besoin pour guérir mon fils ?
L’oiseau réfléchit et répondit attentionné :
— Je crois que je sais où trouver la plante que vous cherchez, Madame Lapine, mais il fait très noir et je ne peux pas voler, car je percuterais les arbres. En plus, je ne connais pas l’endroit exact et comme il fait nuit ce serait impossible de la trouver.
La malheureuse petite lapine devint très triste et se disposait déjà à désister de son intention et à rentrer chez elle sans la plante dont elle avait besoin. Mais tous les autres se rassemblèrent pour analyser le problème, inquiets de la situation de la malheureuse mère, et débutèrent une conversation pour trouver une solution.
Madame Chouette, qui écoutait tout en silence, installée sur une branche d’arbre, suggéra :
— Je n’en connais qu’un seul qui puisse aider en ce moment si difficile.
— Qui ? — demandèrent tous les autres en même temps.
— Le ver-luisant Vavá !
Ils se regardèrent surpris. Comment n’y avaient-ils pas pensé plus tôt ?
— Moi?...
— Bien sûr ! Qui d’autre possède une lanterne ? — expliqua la Chouette, satisfaite.
Ils se rendirent alors vers la région où l’oiseau avait vu la plante, toujours guidés par Vavá, qui allait devant, tout fier, éclairant le chemin.
Ils cherchèrent, cherchèrent... et finalement la trouvèrent, elle était bien cachée.
Madame Lapine, très heureuse et soulagée, ne savait pas comment le remercier :
— Merci, Vavá ! Sans toi et ta petite lanterne, je n’aurais jamais réussi. Que Dieu te bénisse !
Vavá, qui, pour la première fois, se sentait utile et valorisé, était content. Il se rendit compte que le don que Dieu lui avait donné était très... très important, et qu’il pourrait aider beaucoup de monde.
Maintenant, il n’était plus malheureux de ne pas être aussi beau que les papillons, ou parfumé comme les roses, ou d’avoir une belle voix comme les oiseaux.
Il ne se sentait plus comme un petit insecte insignifiant, inutile et méprisé par tous. Il était très important et il avait un travail que lui seul pouvait réaliser : éclairer les ténèbres.
Et à partir de ce jour, Vavá se promenait dans la prairie, confiant et fier de sa lumière, remerciant Dieu de cette bénédiction qu’Il lui avait donné.
Tante Célia

(Auteure : Célia Xavier de Camargo ; Traduction: Márcia Kempf)

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