quarta-feira, 27 de março de 2013

Le rêve de Laurinho


                         
Célia Xavier de Camargo




Laurinho avait tout juste huit ans, mais il était très vif et intelligent.

Un jour, à l’école, il écouta sa maîtresse parler de l’existence de l’”âme”. Elle expliquait que l’âme était immortelle et qu’elle existait déjà avant cette vie et qu’elle continuerait à exister après la mort du corps. Pour terminer, la maîtresse qui était spirite, ajouta :
— Le rêve est un état semblable à celui de la mort, parce que l’esprit se détache de son corps et va où il veut. La différence c’est qu’après le sommeil nous nous réveillons tous les matins, tandis qu’à la mort du corps physique, l’esprit ne revient plus habiter son corps de chair.
Laurinho écouta avec beaucoup d’attention le récit de sa maîtresse, et était inquiet. 
En fait, il ne comprenait pas très bien comment cela pouvait se faire. D’ailleurs, il n’était pas sûr de croire à l’esprit.
— On aurait vraiment une âme ou un esprit ? — se demandait-il.
— Nous n’avons pas une âme ou un esprit Laurinho. “Nous sommes” l’esprit – répondit la maîtresse.
Laurinho était surpris. Il n’avait jamais entendu personne parler sur ce sujet!
C’est ainsi qu’il rentra chez lui plein de doutes et songeur. Le reste de la journée, il n’arrivait à penser à autre chose.
Le soir, il adressa une petite prière à Jésus que sa mère lui avait appris, et se coucha. Très peu de temps après il s’endormit.



Peu après, Laurinho se réveilla. Il avait soif, il se leva pour boire de l’eau.

Il se sentait plus léger, bien disposé. En regardant son lit, il s’effraya. Il vit un autre Laurinho qui dormait.

Comment pouvait-il être à deux endroits en même temps !...


Il se rappela alors ce que sa maîtresse lui avait dit.
— Chouette !, c’est donc mon corps spirituel et moi, je suis hors de mon corps physique !
Trouvant cette situation drôle, il sortit de sa chambre et se dirigea vers les pièces de sa maison. Ses parents étaient encore réveillés et Laurinho vit sa mère qui faisait du tricot et son père qui lisait un livre dans sa chaise basculante préférée.
Il alla jusqu’à la cuisine boire de l’eau, mais il n’arriva pas à tenir le verre, sa main passait à travers, sans qu’il pouvait le tenir.
Il vit son petit chat Chouchou qui ronronnait dans un coin de la cuisine et décida de jouer avec lui.
— Chouchou ! Chouchou ! — appela-t-il.
Le petit chat se réveilla, somnolent. Laurinho s’approcha et passa ses mains sur son petit
animal. Celui-ci hérissant ses poils, miaula et partit se cacher dans le débarras au milieu d’un tas de vêtements, comme s’il avait peur.
Laurinho décida de laisser Chouchou tranquille et retourna dans sa chambre.


En passant par le séjour, il vit à côté de sa mère son grand-père Charles. Le grand-père, souriant, lui dit :
— Prends soin de ta mère pour moi, Laurinho. Dis-lui que je vais très bien.
Le garçon, qui avait sommeil, se dirigea vers sa chambre et se coucha.
Le lendemain, Laurinho se réveilla tôt pour aller à l’école. Il changea ses habits et alla à la cuisine où sa mère était en train de finir de préparer le petit déjeuneur.
Ils s’assirent. La mère dit, alors qu’elle versait du café dans une tasse :
— C’est étrange ! Je ne sais pas où se trouve ton petit chat. Dès que nous nous mettons à table pour manger, Chouchou vient toujours mendier quelque chose. Cela fait déjà un bon moment que je suis réveillée et que je n’ai pas aperçu ton petit chat. 
A ce moment là, Laurinho se rappela de son rêve et affirma :
— Je sais où il est.
Il se leva, alla jusqu’au débarras, ouvrit la porte et Chouchou sortit en s’étirant complètement.
— Comment savais-tu qu’il était là ? — Demanda son père curieux.
Laurinho raconta le rêve qu’il eut le soir, surprenant ses parents. Puis il dit :
— Il y a plus encore. Le grand-père Charles, qui était au salon à côté de maman, m’a demandé de prendre soin de toi et de te dire qu’il va très bien.
Émue, la dame, dont le père était mort depuis quelques mois, s’exclama :
— Mais, ton grand-père est déjà mort, mon fils !
— Mais, je l’ai vu bien vivant, maman. Et je ne me suis même pas rappelé qu’il était déjà mort.
Les parents de Laurinho ne pouvaient contenir leur émotion et s’embrassèrent, comprenant que quelque chose de grandiose s’était passé ce soir-là.
Eux, qui ne croyaient à rien, avaient maintenant un nouvel espoir dans leurs cœurs, grâce au rêve de leur fils Laurinho.
Et le garçon, les yeux grands ouverts, dit :
— Ma maîtresse avait raison alors ? La mort n’existe pas !... 

Tante Célia.




(Auteure : Célia Xavier de Camargo ; Traduction: Márcia Kempf)